Les réseaux de chaleur représentent la seule solution permettant de valoriser à grande échelle les énergies de récupération disponibles localement. Un enjeu à la fois économique et écologique.

Les réseaux de chaleur pour valoriser la chaleur fatale

La chaleur fatale représente la chaleur produite par un processus dont la finalité n’est pas la production de cette énergie. Elle peut être issue de process, d’utilités ou de déchets.

Cette chaleur est perdue si elle n’est pas récupérée et/ou valorisée.

Les réseaux de chaleur représentent alors un excellent moyen de valoriser cette chaleur fatale. Il s’agit de raccorder un bâtiment dégageant d’importantes quantités de chaleur fatale (usine d’incinération d’ordures ménagères, site industriel, centrale électrique, etc) à un réseau de chaleur urbain.

A titre d’exemple, une usine d’incinération d’ordures ménagères peut chauffer un foyer à partir des déchets de 7 autres foyers.

Concrètement, à Dunkerque, la chaleur fatale de la sidérurgie couvre aujourd’hui 60% des besoins en chauffage de 15 000 logements.

Un double intérêt : économique et écologique

D’une part, les réseaux de chaleur revêtent un intérêt économique à toutes les échelles (grand public, collectivités, industrie), grâce à une ressource énergétique peu coûteuse.

D’autre part, en termes d’écologie, ces réseaux pourraient contribuer à hauteur de 60% de l’effort de réduction des émissions de CO2 du système énergétique mondial d’ici à 2050, dans la mesure où les villes absorbent déjà 70% de l’énergie consommée et représentent 45% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial (source : rapport sur les réseaux de chaleur et de froid urbains publié le 25 février par le Programme des Nations unies pour l’environnement – pdf 14,1 Mo).

Etat des lieux

Les réseaux de chaleur, au nombre de 900 environ, desservent aujourd’hui 5% du parc immobilier français (logements, bâtiments tertiaires publics et privés) l’équivalent de plus de 2 millions de logements, avec un volume total de chaleur livrée de près de 25 TWh.

Les réseaux de chaleur sont alimentés à 36% par des énergies renouvelables (bois, géothermie, etc.) et de récupération (valorisation thermique des déchets ménagers, chaleur industrielle, etc.).

L’incinération des déchets apporte à elle seule 21% de toute l’énergie distribuée par les réseaux de chaleur français, loin devant la biomasse et la géothermie. Le biogaz et la récupération de chaleur industrielle représentent quant à eux respectivement 1% de l’énergie distribuée.

Perspectives

En 2008, 0,4 Mtep/an de chaleur de récupération était distribuée par les réseaux.

D’ici 2020, le Grenelle de l’environnement fixe à 0,9 Mtep/an l’objectif de chaleur produite à partir de la part renouvelable des déchets ménagers.

La chaleur fatale rejetée par les usines d’incinération d’ordures ménagères et les industries, qui s’élève à 51 TWh (environ 17% des combustibles consommés par l’industrie sont perdus en chaleur fatale), représente une source importante d’énergie pour les réseaux de chaleur.

Le principal obstacle étant la disponibilité territoriale limitée des sources de récupération de chaleur, la valorisation de chaleur rejetée par l’industrie va être amenée à se développer rapidement.